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De l'équitation italienne à l'équitation française

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À la fin du XVIe siècle, Salomon de La Broue, qui a compté parmi ses disciples, ouvre la période faste de l’École française. Qui veut s’initier à l’équitation savante ne se rend plus en Italie désormais, mais en France. Le but du dressage est toujours militaire. Seule la noblesse, surtout les princes, pratique l’équitation. « L’idée qui apparaît à la Renaissance est que celui qui maîtrise le cheval sans employer la force acquiert par là même la capacité à diriger les hommes. Cela devient une école du pou- voir », relève Patrice Franchet d’Espèrey.


La "bonne main"

Le cavalerice François, publié en 1593, rompt avec la dureté de l’école italienne. La Broue y explique que le cheval ne désobéit pas par malice, mais parce qu’il ne comprend pas ce qu’on attend de lui. Il faut donc le dresser avec douceur. « La bonne main – légère, douce, ferme – sait résister et céder à propos et contrôler avec précision l’action des jambes, et cette perfection vient aussi de l’assiette. » Apparaît l’idée qu’un cheval décontracté, qui ne craint plus la main, développe naturellement son impulsion. « Les Italiens avaient joué leur rôle en redécouvrant l’équitation. [...] Mais ce sont les Français, plus retenus dans leurs goûts, qui découvrirent ensuite que l’on pouvait appliquer des règles simples [...] de façon à clarifier et affiner en douceur tout ce qui avait été accompli auparavant », résume Sylvia Loch, auteur d’une Histoire de l’équitation classique

Le ballet d’écuyères de l’Académie de spectacle équestre de Bartabas, à Versailles.
Le ballet d’écuyères de l’Académie de spectacle équestre de Bartabas, à Versailles.

L'apogée de l'équitation française

L’équitation française atteint son apogée au XVIIIe siècle, à Versailles. Pénétrée par l’esprit des Lumières, elle devient plus rationnelle, se fait « savante ». En 1682, Louis XIV installe la Petite et la Grande écurie en face du château. La première abrite carrosses et chevaux d’équipage; la seconde est destinée aux chevaux de guerre, de manège, de parade et de chasse. Le Manège de Versailles est créé. Des dizaines d’illustres écuyers s’y succèdent et font rayonner l’équitation académique française. De leur enseignement, oral, rien ou presque n’est resté. Leur équitation, d’une très haute technicité, s’exprime notamment dans le carrousel, un spectacle équestre grandiose donné à l’occasion d’un événement important, comme la naissance du Dauphin en 1662. Bâti autour d’un thème historique ou mythologique, le carrousel nécessite des chevaux parfaitement mis et assouplis, des allures rassemblées et ralenties. 

Un homme personnifie plus que tout autre l’École de Versailles, François Robichon de La Guérinière, écuyer ordinaire de Louis XV, le « père de l’équitation française ». S’il n’appartint jamais au Manège de Versailles, il en propagea brillamment la doctrine. L’école de cavalerie, traité qui paraît en 1733, « est considéré comme l’ouvrage fondamental en haute école aujourd’hui », atteste l’écuyer Patrice Franchet d’Espèrey. Il s’agit d’une compilation très claire de tous les principes et méthodes énoncés par les grands maîtres français avant lui. « La Guérinière incarne cette école française, toute de finesse et de légèreté, dans laquelle le cheval est parfaitement rassemblé », note Guillaume Henry. Peu à peu, l’équitation s’éloigne de son objectif premier – préparer hommes et chevaux au combat – et devient un art en soi. 


Une équitation compliquée

À la fin du XVIIIe siècle, les techniques de guerre changent. La cavalerie de Frédéric de Prusse charge sabre au clair, au grand galop. La charge au trot n’a plus lieu d’être. « On s’aperçoit alors que le rassembler et toutes les finesses de la haute école ne servent pas à la guerre. Outre que le dressage du cheval est très long, qu’il demande de nombreuses années de formation pour l’écuyer, les subtilités de la haute école demandent beaucoup de temps de préparation, de mise en équilibre, et sont incompatibles avec l’immédiateté du combat », explique Guillaume Henry. Il faut revenir à une équitation simplifiée, chargée de former massivement hommes et chevaux à la guerre en quelques mois. C’est Jacques-Amable D’Auvergne, capitaine à la Compagnie du roi des chevau-légers (la cavalerie légère), qui révolutionne l’équitation militaire. Il récuse les assouplissements compliqués hérités de La Guérinière, l’équilibre sur les hanches et « toutes ces gambades qui ne servent à rien ». 


Article extrait des cahiers Science & vie "Le cheval, l'atout maître de l'homme"




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