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Histoire du dressage : un nouvel âge d'or dans l'Italie de la Renaissance

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Dresser un cheval pour le faire combattre, concourir ou parader est un art véritable. Si les Grecs l’avaient compris, l’Europe attendra la Renaissance avant de commencer à adopter des techniques
de dressage subtiles, tout en finesse, et d’ouvrir des académies équestres.


Le premier âge d'or

C'est aux Grecs que revient le mérite d’avoir énoncé les premiers préceptes de dressage. Vers -391, Xénophon, philosophe et écuyer militaire, décrit dans son Traité de l’équitation les principes d’emploi du cheval de guerre, l’art de le choisir, l’entretenir, le dresser, le monter pour le faire briller dans une parade ou une procession en l’honneur des dieux. « Il s’agit de mettre en valeur la beauté du cheval, avec l’idée que la nature est bonne et parfaite par elle-même et qu’on doit l’imiter. Il faut donc l’inciter à prendre cette posture par une main douce, des rênes non tendues... », explique Patrice Fran- chet d’Espèrey, écuyer du Cadre noir de Saumur. Le maître énonce donc certains principes dont la valeur est encore reconnue aujourd’hui.
Le dresseur Mario Luraschi et Toreo, un pure race espagnole.
Le dresseur Mario Luraschi et Toreo, un pure race espagnole.

Force et contrainte

Après ce premier âge d’or, l’équitation traverse une longue période de silence, sinon de régression, dont bien peu de témoignages écrits nous sont parvenus. La chevalerie, qui se développe en Europe entre le IXe et le XVe siècle, s’accompagne d’une équitation de force et de contrainte. « Il est facile de concevoir, écrit ainsi le comte d’Aure, grand écuyer du XIXe siècle, que la position [...] de ces hommes bardés de fer de la tête aux pieds devait être raide comme leur armure. »  Au XVe siècle, une autre façon de monter, toute de légèreté et de maniabilité, infuse l’Occident par l’Italie du Sud, la Sicile, et l’Espagne: l’équitation orientale. Les cavaliers arabes importent l’étrier et des règles toujours en vigueur, consignées dans deux ouvrages majeurs du XIVe siècle, le Nâceri, écrit à la demande du sultan égyptien Al-Nâsir, et La parure des cavaliers et l’insigne des preux, rédigé par un savant andalou : « Le bon équilibre de l’avant-main et de l’arrière-main est la chose dont on doit le plus se préoccuper en toutes circonstances », peut-on lire dans ce dernier. 

Naissance de l'équitation classique

C’est dans l’Italie de la Renaissance que l’art équestre connaît un nouvel âge d’or. En 1503, Ferdinand II d’Aragon conquiert le Royaume de Naples. 

Les Italiens découvrent la grande mobilité des cavaliers espagnols, influencée par l’équitation arabe, et l’apparente facilité avec laquelle ils montent leurs chevaux. Il leur faut trouver les moyens d’obtenir de leurs montures la même aisance, qualité décisive pour le combat. « On va chercher l’inverse de leur posture naturelle : qu’ils ralentissent, qu’ils se mettent sur leurs postérieurs au lieu de se mettre sur les épaules, qu’ils redressent l’encolure au lieu de la tendre vers l’avant et le bas... En somme, qu’ils adoptent une attitude que l’on appelle “le rassembler”, comparable à celle du chat prêt à bondir », observe l’historien du cheval et de l’équitation Guillaume Henry. 

Ainsi naît l’équitation classique, sous la plume de deux grands écuyers italiens, Federigo Grisone et Cesare Fiaschi. 

Le lippizzan, cheval de prédilection de l’académique École de Vienne.
Le lippizzan, cheval de prédilection de l’académique École de Vienne.

Les traités de Grisone et Fiaschi

Grisone rédige le premier véritable traité d’art équestre, publié à Naples en 1550, L’écurie du sieur Grison. Il y reprend les principes du phisophe grec Xénophon et insiste sur la posture du ramener – le redressement de la base de l’encolure et l’orientation du chanfrein (partie située entre le front et les naseaux) à la verticale –, clef du dressage du cheval. Ses techniques sont souvent cruelles: si le cheval refuse d’obéir, c’est qu’il fait preuve de «malice», pense-t-il. Il recommande alors l’emploi de fouets, cravaches, barres de fer, feu et caveçons (des harnais de tête) cloutés pour venir à bout de son indiscipline.

Dans son Traité de la manière de bien emboucher, manier et ferrer les chevaux, qui paraît en 1556, Fiaschi prône quant à lui un dressage en musique : les allures doivent être régulières et cadencées. C’est l’époque des premiers ballets de chevaux. Son élève, le Napolitain Giambattista Pignatelli, forme des écuyers de toutes nationalités, tandis que des écoles et académies d’art équestre voient le jour en Europe. 


Article extrait des cahiers Science & vie "Le cheval, l'atout maître de l'homme"



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