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L'emploi de la force : la généralisation du cheval

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Deux millions de chevaux de trait

Cette distribution géographique très contrastée va perdurer jusqu’à l’aube du XVIIIe siècle, le cheval restant surtout présent sur un tiers du territoire français, dans les grandes exploitations céréalières, au nord d’une ligne qui relie Dijon à Rouen. Les bovins, eux, dominent dans le reste du pays, à l’exception des régions alpines et du pourtour Méditerranéen, où règnent les mulets. On sait grâce au premier recensement exhaustif, canton par canton, que la France comptait, en 1852, 2 866 054 chevaux, dont 1 815 000 dans les champs, contre plus de dix millions de bovins. À leur apogée, vers 1910, les chevaux étaient environ 3,3 millions. 

Le milieu du XVIIIe siècle marque un tournant dans les destinées agraires du cheval. C’est le moment où il se généralise dans les campagnes, au fil de l’amélioration de la situation économique des paysans. « Les documents du xixe siècle montrent bien la diffusion du cheval, qui ne s’était faite que partiellement jusqu’alors, explique Éric Baratay. On oublie souvent qu’il faut distinguer la présence numérique des animaux de leur diffusion sociale à l’ensemble du monde paysan. » 

Importé d’Europe au XIXe s., le cheval de trait, notamment le percheron, a été le fer de lance de la céréaliculture américaine.
Importé d’Europe au XIXe s., le cheval de trait, notamment le percheron, a été le fer de lance de la céréaliculture américaine.

Plus économique que la vapeur : le cheval, un artisan de la Révolution industrielle

Alors que certains lui prédisaient une disparition rapide, le cheval va résister longtemps à l’avancée du charbon et des machines. « Au début de la Révolution industrielle, il reste plus économique que la vapeur, rappelle Daniel Roche. On l’utilise encore dans certaines industries comme le textile, pour alimenter des machines, jusqu’à ce que le progrès des sources d’énergie – vapeur, essence, électricité – ne le concurrence. Mais il ne disparaît pas pour autant. » Mieux, l’animal va devenir l’un des artisans de la Révolution industrielle. Le chemin de fer, par exemple, s’appuie dans un premier temps sur des attelages de chevaux. En France, la première ligne, inaugurée en 1827, était destinée à transporter du charbon de Saint-Étienne jusqu’au port d’Andrézieux, sur la Loire, durant vingt-et-un kilomètres. Le cheval en sera le moteur jusqu’en 1845. Plus à l’est, il animera, de 1828 à 1872, une liaison de transport de sel sur cent vingt kilomètres entre la Bohême (actuelle République tchèque) et Salzbourg, en Autriche. « La Révolution industrielle impose qu’on travaille plus vite, qu’on avance plus vite et qu’on se bagarre plus vite, confirme Éric Baratay. On va donc assister à une multiplication de chevaux dans l’industrie, sur les routes. » 



Le cheval utilisé dans les mines

Dans l’industrie, le cheval sera surtout utilisé dans les mines. Alors que la demande de machines à vapeur s’envole, la production de charbon doit suivre. Pour gagner en productivité, l’industrie minière va faire descendre l’animal au fond des puits, où il tracte les chariots, à partir de 1821 en France, tandis que les Britanniques semblent avoir sporadiquement utilisé des poneys dès 1750. À leur apogée minier, au début du XXsiècle, ils étaient près de 10 000 chevaux dans les mines hexagonales. Le dernier en sortira en 1969. « Dans les petites mines, les chevaux étaient remontés tous les soirs. Dans les gisements plus profonds, ils ne sortaient que rarement ou jamais. Comme ce travail demande moins d’efforts que le halage des péniches et des omnibus, on les utilisait en moyenne dix ans. Mais certains ont tiré des chariots de charbon pendant plus de vingt ans », explique Éric Baratay. Effet indirect des conquêtes sociales, la généralisation, en France, des congés payés va faire de nouveaux heureux à quatre pattes à partir de 1936 : plutôt que de payer un palefrenier à descendre pour le nourrir, le cheval est remonté pendant deux semaines. L’histoire ne dit pas s’il réalise alors qu’autour de lui, routes, villes et campagnes ont été désertées par ses cousins. La faute au cheval de fer et au moteur à explosion. 
L'emploi de la force : la généralisation du cheval

Article extrait des cahiers Science & vie "Le cheval, l'atout maître de l'homme"



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