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L'emploi de la force

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Sa puissance et sa résistance ont accompagné le développement du monde occidental depuis le milieu du Moyen Âge. Cheval de trait et de labour, la Révolution industrielle ne l’a pas mis au chômage, bien au contraire. Il en sera l’un des artisans...



Un compagnon de route

Un compagnon de route. C’est ainsi que l’on pourrait décrire le rôle que le cheval a occupé dans le développement de l’Occident. À la sortie du Moyen Âge, il est encore discret en dehors des champs de bataille tant il est onéreux. Mais sa puissance et sa vélocité vont progressivement appuyer les activités humaines, à tel point qu’il va résister durant plusieurs décennies à l’avènement du charbon et qu’il va même participer activement à la Révolution industrielle.
Utilisé pour le trait et le labour à partir du X
siècle, depuis l’invention du collier d’épaule qui décuple son efficacité, le cheval fut alors, et pour longtemps, le privilège des riches.


Le cheval destiné au milieu aisé

Au XIIsiècle, une monture de guerre et son équipement valent aussi cher que 20 bœufs : une dépense qui se justifie pour des seigneurs toujours prompts à la guerre. Quant aux paysans, lorsqu’ils peuvent s’offrir un animal de trait, ils optent en général pour le bovin, et en particulier la vache, qui fournit lait, beurre, fromage et, une fois morte, cuir et viande. Le cheval, lui, ne se mange pas, en dehors des famines : sa consommation reste taboue et il faut attendre 1866 pour que la vente de sa viande soit autorisée à Paris.
Autre handicap pour les petites gens, la nourriture du cheval : il lui faut notamment de l’avoine, ce qui oblige à lui réserver des sols, tandis que la terre est par nécessité plantée de céréales pour éviter disettes et famines, fréquentes jusqu’à l’aube du XVIII
siècle. « De fait, il faudra des siècles avant que la majorité des paysans puisse nourrir des chevaux, souligne Éric Baratay, historien à l’Université Jean-Moulin Lyon-3. Leur vulgarisation dans les campagnes n’interviendra vraiment qu’après 1750. » Avant cela, l’agriculture va notamment souffrir du petit âge glaciaire, qui a démarré vers 1580, et durant lequel la faiblesse des récoltes ne permet probablement pas d’investir dans l’achat de chevaux. « Il y avait sans doute plus de chevaux dans les campagnes au xvsiècle qu’au xvii», confirme Éric Baratay. Longtemps modeste, leur usage dans l’agriculture est aussi marqué par de profondes disparités géographiques. « Dans les plaines du nord de la Loire, comme dans celles d’Angleterre, les grands fermiers ont commencé à recourir aux chevaux pour le labour dès le xiiiou xivsiècle, explique l’historien Daniel Roche, professeur honoraire au Collège de France. Leur augmentation a accompagné l’essor de la production agricole dans ces régions. Mais il n’y a pas de modèle unique. Ainsi, au xixsiècle, il existait encore des attelages mixtes, de bœufs et de chevaux, dans la plaine italienne du Pô. Du reste, on ne sait pas bien, faute d’études, ce qu’étaient ces chevaux de labour. » 

 
L’utilisation de la force équestre pour le trait et le labour dès le Xe s. va donner lieu à l’apparition de nouvelles races, plus puissantes et plus massives.
L’utilisation de la force équestre pour le trait et le labour dès le Xe s. va donner lieu à l’apparition de nouvelles races, plus puissantes et plus massives.

Affamé comme huit hommes

En 1702, le physicien Guillaume Amontons se penche sur le coût du travail. Il constate que l’entretien quotidien d’un cheval revient à 40 sous, sans prendre en compte le prix d’achat de l’animal. C’est l’équivalent du salaire de huit valets d’écurie, pour un rapport de forces, qu’Amontons évalue à un peu plus de six. Ruineux, donc! À la fin du XVIIIe siècle, l’économiste écossais Adam Smith, le père de l’économie moderne, parviendra à une conclusion voisine: cela coûte aussi cher d’entretenir un cheval que de nourrir huit travailleurs. L’argument servira les intérêts des partisans du chemin de fer en Grande-Bretagne. 


Article extrait des cahiers Science & vie "Le cheval, l'atout maître de l'homme"




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