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La médecine vétérinaire : des métiers en concurrence

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Les maréchaux pratiquent un art vétérinaire transmis par compagnonnage. (Fracture du métacarpe, manuscrit espagnol.)
Les maréchaux pratiquent un art vétérinaire transmis par compagnonnage. (Fracture du métacarpe, manuscrit espagnol.)

Une profession qui évolue

Sur le terrain, cependant, les pratiques restent inchangées même si la profession elle-même évolue notablement du fait des révolutions dans l’usage du cheval entamées dès le Xe siècle. Grâce à diverses inventions (la ferrure à clous, l’étrier, le collier de poitrail, le palonnier, etc.), le cheval est devenu, à la Renaissance, un agent quasi incontournable de l’économie rurale et citadine. De plus, avec le développement de l’équitation savante et de l’art du manège, en Italie d’abord, puis en France, l’animal est aussi un objet de plaisir et d’orgueil, une marque d’élégance et de distinction pour la noblesse européenne. Or, pointe Christophe Degueurce, ces usages génèrent des lobbies professionnels concurrents. « D’un côté, le maréchal, formé par apprentissage, s’occupe du cheval notamment à la campagne, pose les fers et applique, avec plus ou moins de succès, les recettes empiriques héritées de l’Antiquité. De l’autre, l’écuyer, cultivé, forme les jeunes nobles au sein des académies d’équitation. » 


Naissance de l'école vétérinaire

La concurrence entre maréchaux et écuyers atteint son paroxysme aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ce sont ces derniers qui vont révolutionner la médecine animale. En 1750, Claude Bourgelat, écuyer à l’Académie d’équitation de Lyon, convainc en effet Louis XV d’ouvrir une école vétérinaire. « Bourgelat, comme Buffon à la même époque, prône la création d’une école pour former les maréchaux, les sortir de l’état d’indigence intellectuelle dans laquelle se trouvaient la plupart, leur donner des bases cohérentes sur l’anatomie, la physiologie, afin qu’ils puissent rationaliser les soins et arrêter ces saignées à répétition qui aboutissaient souvent à la mort », explique Christophe Degueurce. La première école ouvre ses portes en 1761, à Lyon, et la seconde, cinq ans plus tard, à Alfort. 

Ces écoles marquent l’ultime rupture avec la médecine antique et la théorie humorale. L’observation directe, l’expérimentation et la théorisation supplantent l’empirisme des anciens et révolutionnent la façon de penser l’animal, la maladie et les soins. « On passe d’un mode de pensée analogique – basé sur des correspondances entre des éléments n’ayant rien à voir les uns avec les autres – à un mode logique », poursuit le scientifique. 
Le cheval n’est désormais plus le seul animal ciblé. 


Le cheval, un simple "patient" parmi d'autres

Claude Bourgelat fait le choix de créer une école, non pas hippiatrique comme certains maréchaux le proposaient, mais « vétérinaire » (du latin veterinarius, bête de somme). Les épidémies de peste bovine, qui déciment alors les troupeaux, mettent en péril l’économie du royaume de France tout entier. Claude Bourgelat cible donc le bétail dans son ensemble et se donne comme mission de former des gens capables de lutter contre les maladies des bestiaux en tout genre. « La médecine du cheval bascule vers une médecine de toutes les espèces en raison d’une circonstance sanitaire ayant des conséquences politiques et économiques », résume Christophe Degueurce. Le modèle des écoles vétérinaires à la française va d’ailleurs essaimer très vite en Europe et dans le Nouveau Monde. 

Opposés aux maréchaux, les écuyers tel Claude Bourgelat sont à l’origine d’une nouvelle médecine, ouverte à tous les animaux. Ici, l’école vétérinaire d’Alfort, créée en 1766.
Opposés aux maréchaux, les écuyers tel Claude Bourgelat sont à l’origine d’une nouvelle médecine, ouverte à tous les animaux. Ici, l’école vétérinaire d’Alfort, créée en 1766.

Une médecine équine ultrasophistiquée

Associé aux loisirs et au sport, le cheval bénéficie depuis une vingtaine d’années d’une médecine ultrasophistiquée, de plus en plus proche de la médecine humaine. Ainsi, le diagnostic repose désormais sur des techniques d’imagerie très performantes (radiologie, échographie, scanner, IRM, endoscopie, etc.), tandis qu’une multitude de spécialités ont remplacé l’hippiatrie d’antan avec des vétérinaires gynécologues, dentistes, chirurgiens, ostéopathes, acupuncteurs... La médecine vétérinaire a définitivement changé d’ère. 


Article extrait des cahiers Science & vie "Le cheval, l'atout maître de l'homme"




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