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La médecine vétérinaire sur le modèle de l'Homme

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L'art de guérir

Le Corpus des hippiatres grecs (CHG), ou Hippiatrica (l’art de guérir), constitue la principale référence des historiens et philologues. Il se compose d’extraits de textes écrits par divers hippiatres entre le IIe et le Ve siècle (Eumélos, Apsyrtos, Théom- nestos, Hiéroclès...), compilés et réorganisés par maladies, à partir du VIe siècle. S’ajoutent à ces témoins des traités latins de Mulomedicina (l’équivalent latin de l’hippiatrie) rédigés au IVe siècle, notamment par Chiron, Pélagonius et Végèce. « Ce qui frappe d’emblée dans tous ces textes, c’est l’effort fait pour venir à bout de la maladie. Comme dans les œuvres anciennes de médecine humaine, le vocabulaire est militaire : la maladie est une ennemie à abattre et tout doit être mis en œuvre pour la vaincre », souligne Marie-Thérèse Cam, pour qui cette similitude n’a rien d’étonnant. « L’art vétérinaire antique a pris pour modèle la médecine humaine, que ce soit pour l’organisation des informations (étiologie, diagnostic, thérapeutique), la structuration des savoirs “de la tête aux pieds” (anatomie, maladies), les explications physiologiques (théorie humorale, digestion, rôle du sang), les médicaments, etc. » 

La médecine vétérinaire sur le modèle de l'Homme

La théorie "humorale"

La théorie « humorale », élaborée entre le Ve siècle avant notre ère et le IIe siècle par Hippocrate et Galien, est en vigueur chez les médecins. Chez un cheval en bonne santé, comme chez l’homme, les quatre humeurs qui composent le corps (le sang, le phlegme, aussi appelé lymphe, pituite, la bile noire ou atrabile et la bile jaune) et les qualités primaires qui les accompagnent (chaud, froid, sec et humide) sont en équilibre. Mais lorsque le système se dérègle sous l’effet du climat, d’un changement d’alimentation, d’une perturbation de la digestion, etc., telle ou telle humeur peut devenir excédentaire, déficitaire, ou être cor- rompue, etc. « La chaleur humide favorise le sang, lui aussi chaud et humide, qui inonde alors le corps. La chaleur sèche avantage la bile jaune, elle-même chaude et sèche; le froid humide, la pituite, froide et humide, etc. », explique Christophe Degueurce. La maladie apparaît alors et tout l’art de l’hippiatre consiste à rétablir l’équilibre perdu. 

Les collections gréco-latines montrent que les soignants savent identifier la plupart des pathologies affectant le cheval. Le diagnostic repose essentiellement sur l’examen externe, l’anatomie du cheval étant alors méconnue. Les remèdes et les traitements dont ils disposent pour lutter contre ces maladies sont pour l’essentiel en accord avec la théorie humorale. La saignée, les lavements et la pose de sétons permettent ainsi d’expulser les humeurs en excès ou corrompues. Les remèdes, qui associent plusieurs ingrédients d’origine animale, végétale ou minérale, sont administrés selon des protocoles comparables à ceux de la médecine humaine (potions, cataplasmes, col- lyres, fumigations, etc.). La chirurgie, à l’exception de celle du pied et du sabot, est peu pratiquée. « En l’absence de mesures d’asepsie efficaces, la chirurgie des cavités viscérales, de l’abdomen ou du thorax est quasi impossible jusqu’au XXe siècle. Et l’amputation, chirurgie majeure chez l’homme, n’a aucun sens chez le cheval, à part celle concernant la queue », affirme Christophe Degueurce. 

« Cette médecine antique va aussi loin que les connaissances d’alors le permettent, estime Marie-Thérèse Cam. Mais dans les cas graves et incurables, le dernier recours peut être la magie.» 

 

Comme hier, le cheval bénéficie aujourd’hui des mêmes moyens de diagnostic que l’homme.
Comme hier, le cheval bénéficie aujourd’hui des mêmes moyens de diagnostic que l’homme.

La dissection et l'anatomie passionnent les savants

Pratiquée par des vétérinaires d’humble origine dans les haras, les hippodromes, les camps militaires, l’hippiatrie ne bénéficie pas du prestige de la médecine humaine. Le savoir-faire, empirique, se transmet par compagnonnage, et le métier n’a alors rien de noble. Cette médecine va traverser le Moyen Âge sans évolution majeure. L’essentiel de l’héritage antique est diffusé grâce à une poignée de traités dont le best-seller est sans conteste le De medicina equorum de Jordanus Ruffus (ou Giordano Ruffo), rédigé en 1250. Responsable des écuries de l’empereur Frédéric II de Hohenstauffen, roi de Naples et de Sicile, l’homme y détaille l’art du dressage, l’entretien du cheval, ses infirmités naturelles et ses maladies accidentelles, les moyens de diagnostic et le traitement. Écrit en latin, il sera traduit en italien puis en français.

La discipline entame une mue discrète au XVI
e siècle. Les savants se passionnent pour la dissection et l’anatomie, et la façon d’aborder l’animal évolue peu à peu. En 1598, s’inspirant du traité d’anatomie humaine d’André Vésale, publié une cinquantaine d’années auparavant, l’Italien Carlo Ruini, sénateur de Bologne, trace la voie avec son Anatomia del Cavallo, et son Infermita del cavallo et suoi remedii, un ouvrage d’anatomie magnifiquement illustré auquel est annexé un livre de thérapeutique. L’année suivante, le Français Jean Héroard, médecin du dauphin et médecin en art vétérinaire à la Grande Écurie du roi, consacre un ouvrage entier à l’ostéologie du cheval. Fondé sur l’observation directe, il est accompagné de planches aussi détaillées que réalistes. Il sera maintes fois plagié au cours des décennies suivantes. 

 

 

 


Article extrait des cahiers Science & vie "Le cheval, l'atout maître de l'homme"



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