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Naissance d'une grande école à Saumur : Le Cadre noir

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Au début du XIXe siècle est créée une grande école à Saumur, l’École d’instruction des troupes à cheval, qui deviendra l’École royale de cavalerie en 1825, chargée de centraliser et d’uniformiser l’enseignement militaire.


Figures exécutées sous la conduite d’un écuyer du Cadre noir de Saumur, ou celle d’un dresseur de l’École andalouse de l’art équestre.
Figures exécutées sous la conduite d’un écuyer du Cadre noir de Saumur, ou celle d’un dresseur de l’École andalouse de l’art équestre.

Le Cadre noir

Le Cadre noir, qui forme les officiers, devient la référence en matière d’équitation. « L’objet que doit se proposer un cavalier en montant à cheval est de parcourir des lignes droites, des lignes obliques, des lignes circulaires. L’escadron, qui est un tout composé de plusieurs cavaliers, n’a pas d’autre objet. » Tels sont les objectifs professés par l’école militaire. Le comte d’Aure, qui prend le commandement du manège de Saumur en 1847, s’inscrit dans cette droite ligne. Influencé par l’anglomanie galopante, la mode des courses et de la chasse à courre pratiquées outre-Manche, il privilégie une équitation d’extérieur, toute d’impulsion et de vitesse.
Mais l’équitation savante n’a pas dit son dernier mot. L’écuyer François Baucher, déterminé à revenir aux lignes arrondies du rassembler, publie en 1842 sa Méthode d’équitation basée sur de nouveaux principes. Homme de performances, exceptionnel écuyer de cirque, « Baucher montre des choses extra- ordinaires, il galope en arrière, sur trois pieds, change de pied au temps... Du jamais vu avant lui ! », s’exclame Guillaume Henry. Mais sa méthode divise et c’est sans succès qu’il tente de la faire adopter par l’armée. 

Saut d’obstacle par Gilles Marnay, cavalier du Hara national du Pin.
Saut d’obstacle par Gilles Marnay, cavalier du Hara national du Pin.

La doctrine de Saumur

C’est le général L’Hotte, ami et disciple des deux grands maîtres, écuyer en chef à Saumur entre 1864 et 1870, qui réussit l’exploit de combiner le meilleur du comte d’Aure et de Baucher dans son traité Questions équestres, paru en 1906. En quelques mots, « En avant, calme, droit » et « Marier l’impulsion à la flexibilité des ressorts », il élabore la doctrine de Saumur et les principes de l’équitation de tradition française, qui sera inscrite au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2011. 

À la fin du XIXsiècle, l’équitation militaire évolue peu à peu vers une équitation sportive. L’armée, soucieuse d’évaluer ses hommes, crée les concours. Le premier Championnat du cheval d’armes, qui deviendra plus tard le Concours complet, est organisé à Saumur en 1902. Il comporte plusieurs épreuves d’endurance, d’obstacles, de dressage. Quelques années plus tard, en 1921, la Fédération équestre internationale est créée. Après la Seconde Guerre mondiale, le cheval disparaît du champ de bataille. C’est désormais dans le sport et le monde civil qu’il trouve sa place. 

Que reste-t-il aujourd’hui de l’équitation savante du XVIIIsiècle ? Quelques places fortes – Vienne, Lisbonne, Jerez, Saumur – en perpétuent l’esprit. Chaque école a ses spécificités et ses races propres. Vienne et ses lipizzans pratiquent l’équitation la plus sobre et la plus académique. Jerez et ses chevaux ibériques, une équitation plus fantasque, aux mouvements amples et ostentatoires ; Lisbonne est restée très proche de sa propre tradition du XVIIIsiècle, dont elle a gardé les chevaux, des alter real. Le Cadre noir, lui, ne travaille pas avec une race particulière, mais avec des chevaux adaptés à une équitation plus sportive, d’extérieur : selles français, anglo-arabes et pur-sang. Quant au dressage de compétition, s’il plonge ses racines dans l’équitation savante, il est aujourd’hui fixé par des critères internationaux et tend immanquablement à s’homogénéiser. 

 

En 2003, Bartabas faisait renaître la Grande écurie du château de Versailles en fondant l’Académie du spectacle équestre, qui associe dressage de haute école, danse, chant, escrime... «Comme l’a fait Baucher en son temps, il n’est pas interdit de penser que les cavaliers de spectacle apporteront aussi quelque chose à l’équitation », souligne Guillaume Henry. Et si le renouveau de l’art équestre était à chercher du côté du spectacle ? 


Article extrait des cahiers Science & vie "Le cheval, l'atout maître de l'homme"




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