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Une (pré)histoire en commun : la chasse au cheval

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Très proche de l’homme, cet
animal constituait aussi une proie privilégiée. « Dès la période aurignacienne, il y a 40 000 ans, sa présence dans les restes de gibier est constante, puisqu’il représente entre 20 et 30 % des ossements selon les époques, loin devant les grands bovinés, aurochs et bisons, ou les cervidés, cerfs et chevreuils, dont la prédation est plus épisodique, et seulement devancé par le renne, note ainsi Olivier Bignon-Lau. Selon les régions et les époques, il peut même être majoritaire. »




Equus caballus germanicus et ses descendants étaient robustes et endurants; leur vitesse de démarrage leur permettait, souvent, d’échapper aux jets de lances emmanchées de pointes en pierre ou en os, taillées et polies. Comment s’y prenaient donc les chasseurs pour les atteindre? Il leur fallait les approcher au plus près avant qu’ils détalent. À cette fin, ils devaient masquer leur odeur en s’enduisant, peut-être, le corps de terre et de sable, à l’image des Indiens des plaines. Par ailleurs, ils avaient certainement recours à des affûts au sol, situés en des points stratégiques sur le parcours des troupeaux et aménagés derrière des blocs rocheux. Cela leur permettait de surgir au passage de leurs proies et de les prendre par surprise. « Dès les premiers tirs, les animaux fuyaient et se trouvaient vite hors d’atteinte. Il est donc probable qu’en général pas plus de deux à trois d’entre eux étaient abattus », raconte le chercheur Werner Müller, qui a étudié les stratégies de chasse au cheval lors du magdalénien, il y a 20 000 ans, sur la rive nord du lac de Neuchâtel. Plus à l’ouest, sur le site du Cros-du-Charnier, au pied de la célèbre roche de Solutré en Bourgogne, près de 100 000 chevaux ont été abattus sur une très longue période, entre 35 000 et 10 000 ans avant nos jours. Contrairement à la légende, les bandes de chevaux n’ont pas été précipitées du haut de la roche, mais interceptées à son pied par les chasseurs, aidés dans l’embuscade par de gros blocs rocheux émergeant du sol. Ralenties dans leur course, les bêtes étaient prises à l’affût, puis tuées et démembrées sur le site. 


Caractéristiques de la chasse au cheval

À partir du magdalénien, l’invention du propulseur multiplie les chances de succès en augmentant la vitesse des armes de jet. Autre caractéristique de la chasse au cheval : les hommes ont parfois choisi de n’en tuer que certaines catégories. C’est le cas au Grand Canton, en Seine-et- Marne, au magdalénien, où seuls des adultes entre 5 et 10 ans sont abattus. « Une sélectivité qui pourrait résulter de tactiques collectives alliées à des dispositifs de type palissade ou enclos comme ceux observés par les ethnologues chez les Indiens kiowas, afin de rabattre les troupeaux et de tuer les proies sélectionnées », avance Olivier Bignon-Lau. 


Etude de la physiologie du cheval

Une forme de connivence, favorisée par le contact direct lors des rassemblements provoqués, a-t-elle pu parfois émerger de tels enclos ? Impossible à dire à la lumière des recherches actuelles. Ce qui est certain, c’est qu’au moment de dépecer leurs proies à l’aide de couteaux, racloirs et grattoirs pour en retirer les morceaux de viande, certains chasseurs ont poussé très loin l’étude de la physiologie du cheval, déjà attestée par la qualité et la précision presque anatomique de certaines représentations pariétales. 

Ainsi, à Angles-sur-Anglin et La Marche (Vienne), les magdaléniens ont repéré la forme très particulière des incisives de jeunes poulains de moins de 5 ans, évoquant un sexe féminin. Puis ils les ont systématiquement prélevées avant d’accentuer le motif pubien au moyen de stries gravées, pour en faire un élément de parure corporelle à la signification symbolique complexe, peut-être liée à la puissance juvénile du cheval. Plus étonnant, d’autres chasseurs magdaléniens, au Mas-d’Azil (Ariège), ont représenté de tels chevaux décharnés, sur un propulseur, comme en cours de dissection. À moins qu’il ne s’agisse, comme l’avancent Carole Fritz et Gilles Tosello, de macabres trophées de retour de la chasse. Sur le même site, toujours en dépeçant des équidés, les hommes ont reconnu dans leur minuscule os hyoïde, situé à la base de la langue, la forme d’une tête... de cheval. Ils ont alors sculpté les contours de l’os pour en faire émerger les oreilles, le museau, le cou, et faire renaître ainsi le visage de l’animal sacrifié.

Pour la préhistorienne Yvette Taborin, spécialiste des parures paléolithiques, la nature vient ici renforcer, dans l’esprit du chasseur, les mythes associés au cheval, en portant dans sa forme même le thème animalier qu’ils véhiculent. Témoignage troublant et énigmatique du lien ancien et unique noué entre l’homme et le cheval. 

Les hommes faisaient parfois renaître la figure de l’animal sacrifié en sculptant l’un de ses os à son image.
Les hommes faisaient parfois renaître la figure de l’animal sacrifié en sculptant l’un de ses os à son image.

Article extrait des cahiers Science & vie "Le cheval, l'atout maître de l'homme"



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