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Une (pré)histoire en commun : un symbole masculin de l'art pariétal

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Le cheval est aussi fréquemment représenté sur les objets du quotidien valorisant
et identifiant socialement leur détenteur.


L'image du cheval et sa représentation par l'homme

Tous ces résultats complètent, en les corrigeant, ceux du préhistorien André Leroi-Gourhan dans les années 1960. Il voyait dans le cheval le principe fondamental masculin de l’art pariétal, et donc de la vision mythologique du monde des paléolithiques, complété par le bison, symbole féminin. En fait, le cheval constitue à la fois le ciment indispensable qui structure tout l’art pariétal et le pivot autour duquel viennent s’articuler, au gré des époques et des régions, d’autres thèmes animaliers. 

Un autre travail, mené en 2011 et publié dans la revue scientifique PNAS, précise l’image du cheval au cours de la préhistoire et sa représentation par l’homme. Dirigée par la paléogénéticienne Mélanie Pruvost (Institut Jacques Monod), cette analyse de l’ADN de 31 ossements d’équidés, issus de tout le continent européen et datés d’il y a 3 000 à plus de 15000 ans, a montré que les trois principales couleurs de pelage (noire, brune, et blanche tachetée de gris ou de noir) existaient déjà au paléolithique supérieur. Et que les artistes, quand ils peignaient à Chauvet, Lascaux ou Pech-Merle (Lot) de petits chevaux, transcrivaient fidèlement leur robe. 

Animal omniprésent aux côtés de nos ancêtres, élément essentiel de leur alimentation, le cheval était très souvent représenté dans les peintures pariétales.
Animal omniprésent aux côtés de nos ancêtres, élément essentiel de leur alimentation, le cheval était très souvent représenté dans les peintures pariétales.

Rare représentation de l’homme.
Rare représentation de l’homme.

Le cheval représenté sur des objets mobiliers

Tout au long du paléolithique supérieur, le cheval est aussi représenté fréquemment hors des grottes, sur les objets dits mobiliers (plaquettes et baguettes gravées), les parures, ou encore les objets du quotidien valorisant et identifiant socialement leur détenteur: bâtons percés destinés à redresser les bois de renne, et propulseurs de sagaie, dont certains ont été finement sculptés d’une tête ou d’un avant-train de cheval. « Était-il le symbole du pouvoir de certains membres du groupe, avait-il un statut sacré de divinité, d’ancêtre mythique ou d’intercesseur vers d’autres mondes ? », s’interrogent Carole Fritz et Gilles Tosello. Difficilement vérifiables, ces hypothèses sont plausibles et vont dans le sens d’une relation privilégiée homme-cheval. 


Un registre comportemental riche

Ce lien particulier a certainement émergé au fil des longues chasses, lors d’innombrables journées passées à observer l’animal dans les plaines, à le pister le long des cours d’eau, avant de l’attaquer lors de raids éclairs, la plupart du temps collectifs. « Les chasseurs faisaient corps avec leurs proies et vivaient au gré de leurs déplacements, évoque Olivier Bignon-Lau, spécialiste de la faune et de la chasse au laboratoire Archéologies et sciences de l’antiquité, à Paris. Ils localisaient les niches écologiques du cheval, repéraient les périodes de mise bas des femelles, durant lesquelles elles étaient plus vulnérables, lisaient les traces de pas et les fèces pour évaluer le nombre d’individus et la composition des bandes... Ainsi immergés dans leur environnement, au cœur d’un territoire traversé par de nombreux autres animaux, ils ont pu valoriser le cheval pour sa mobilité et sa vitesse. » Cette idée d’un intérêt, voire d’une admiration, porté au mouvement du cheval, à son galop, son trot, ses ruades, est appuyée par l’analyse des images pariétales. En étudiant plus de 1 200 figures d’équidé dans les grottes ornées de la zone franco-cantabrique, le préhistorien Marc Azéma a ainsi montré que 40 % d’entre elles étaient « animées », c’est-à-dire représentées en train de réaliser un mouvement précis. Le chercheur a identifié un véritable catalogue de comportements, riche de 48 postures distinctes: pas, course, pré-accouplement, repos, menace... « Aucune autre espèce dans l’art pariétal ne possède un registre comportemental aussi riche, note le chercheur. Il correspond à la réalité éthologique qu’observaient au quotidien les peintres et les chasseurs, à la vivacité et la vitesse du cheval. » 

Parmi les animaux de l’art pariétal répertoriés dans 154 sites, le cheval est celui qui apparaît le plus souvent.
Parmi les animaux de l’art pariétal répertoriés dans 154 sites, le cheval est celui qui apparaît le plus souvent.

Article extrait des cahiers Science & vie "Le cheval, l'atout maître de l'homme"



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